Ressources pour le secourisme en France
img-b47abee0bf477fa51f6337a15f100c3f.jpg

Femmes et infarctus : ce que les secouristes doivent vraiment savoir

Le modèle « standard » : l’homme, 50 ans, douleur en étau

Dans toutes les formations à destination du grand public, des secouristes et sapeurs-pompiers (PSC, PSE, SUAP, etc.) on apprend généralement que l’infarctus du myocarde, c’est souvent :

  • un homme de plus de 50 ans,
  • qui serre sa poitrine avec une douleur en étau,
  • avec douleur irradiante dans le bras gauche et la mâchoire,
  • avec des facteurs de risque classiques (tabac, cholestérol, hypertension...).

Et c’est vrai… chez l’homme. Mais si on applique ce modèle tel quel à toutes les victimes, on passe à côté de nombreux cas, notamment chez les femmes plus jeunes.

Chez les femmes les antécédents ne sont pas toujours au rendez-vous

Une étude américaine a montré que chez les femmes de moins de 65 ans, près d’un infarctus sur deux n’est pas lié à une artère bouchée. Ce n’est donc pas forcément une histoire de plaque de cholestérol qui se décroche.

Chez ces femmes :

  • l’infarctus peut venir d’un stress intense (syndrome de Takotsubo),
  • d’une déchirure spontanée de l’artère (SCAD),
  • ou même d’une embolie qui vient d’ailleurs dans le corps.

Et souvent, elles n’ont aucun antécédent médical lourd. Pas de tabac, pas d’hypertension. Et pourtant, elles font un infarctus. C’est là tout le danger.

Des signes parfois trompeurs mais à ne pas négliger

Chez les femmes, les symptômes d’infarctus peuvent être :

  • moins typiques : fatigue brutale, malaise, essoufflement, douleurs dans le dos, la mâchoire ou le ventre...
  • moins visibles à l’ECG, voire même absents.

Dans le stress de l’intervention, on pourrait penser à :

  • une crise d’angoisse,
  • un coup de chaud,
  • un simple malaise vagal...

Mais si la patiente dit que « ce n’est pas comme d’habitude », ou que « quelque chose ne va pas », mieux vaut écouter ce signal faible. Un infarctus peut très bien se cacher derrière un tableau flou, surtout chez une femme.

Votre bilan secouriste doit toujours rester neutre et sans a priori : partir d’une certitude, c’est risquer de passer à côté de l’essentiel.

Se former au-delà des bases : un vrai plus sur le terrain

Les formations de base sont indispensables, mais elles ne couvrent pas toujours les spécificités de l’infarctus chez la femme.

Ce genre d’étude nous montre l’intérêt de :

  • suivre les recyclages
  • suivre des modules complémentaires comme des journées thématiques,
  • rester à jour sur les dernières recherches médicales,
  • échanger entre équipes sur les cas atypiques rencontrés. Car sur le terrain, c’est souvent l’expérience collective qui fait la différence entre un bon ressenti et un vrai sauvetage.

Rester alerte même face à l’atypique

En tant que secouristes ou pompiers, on est souvent les premiers à voir la victime. Si nous ne relevons pas les bons signes, personne ne le fera à notre place. Alors quand une femme, même jeune, même « en bonne santé », se plaint d’un malaise, gardons à l’esprit qu’un infarctus peut se cacher là où on ne l’attend pas.

Mieux vaut évacuer pour rien que regretter un infarctus non pris en charge à temps.

Source : Causes of Myocardial Infarction in Younger Patients: Troponin-Elevation in Persons ≤65 Years Old in Olmsted County