Ressources pour le secourisme en France
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Infarctus : Pourquoi l'absence de facteurs de risque ne doit pas vous rassurer

En tant que secouristes, le recueil des antécédents et des facteurs de risque face à une douleur thoracique non traumatique est une étape clé de notre bilan. Cependant, une étude majeure publiée dans le JACC: Advances (2025) vient rappeler une réalité de terrain essentielle : une personne peut subir un infarctus grave sans présenter les « voyants rouges » habituels. Pour le secouriste, cela confirme que l'absence de profil type ne doit jamais conduire à minimiser une douleur thoracique.

Le piège des facteurs de risque invisibles

On apprend souvent que le tabac, le cholestérol ou le diabète sont les portes d'entrée de la maladie cardiaque, c'est vrai mais notre bilan secouriste ne doit pas être pour autant survolé face à l'absence de facteurs de risques cardiovasculaires. En effet, un étude (Mueller et al., 2025) menée sur des patients de moins de 66 ans révèle des failles dans cette logique :

  • Près de la moitié des victimes n'auraient pas été identifiées comme à risque par les critères médicaux standards juste avant leur accident. 
  • Chez les adultes plus jeunes, la maladie peut progresser silencieusement même si les indicateurs classiques (tension, poids) semblent corrects.

Lors du 4e regard, les recommandations nous demandent de noter les facteurs de risque, mais attention l'étude prouve qu'ils ne sont pas des prédicteurs absolus. Une victime sans aucun facteur de risque connu peut tout de même être en train de faire un infarctus sévère.

L'apparition brutale : quand le corps ne prévient pas

La recommandation officielle de surveiller étroitement une douleur thoracique repose sur l'imprévisibilité de l'infarctus. L'étude apporte des chiffres concrets :

  • Environ 60 % des victimes n'ont ressenti aucun symptôme (douleur ou essoufflement) jusqu'aux 48 heures précédant l'événement.
  • Pour plus de la moitié des patients, la douleur s'est manifestée pour la toute première fois le jour même de l'infarctus.

Puisque la maladie est « silencieuse » jusqu'à la rupture brutale d'une plaque dans l'artère, le secouriste ne doit jamais attendre une aggravation pour agir. L'absence de douleurs les jours précédents ne rend pas la douleur actuelle moins dangereuse.

L'action du secouriste doit donner la priorité aux signes cliniques

L'étude suggère que pour sauver plus de vies, il faut passer d'une médecine basée sur les « profils à risque » à une détection réelle de la maladie. En attendant, notre rôle sur le terrain reste déterminant :

  • Si une victime présente une douleur thoracique, peu importe qu'elle ne coche aucune case des facteurs de risque habituels.
  • C'est parce que les facteurs de risque sont parfois absents ou trompeurs que seule la régulation médicale peut écarter ou confirmer le danger après avoir reçu notre bilan complet.

La vigilance au-delà des statistiques

Cette étude renforce l'importance de notre neutralité lors d'un bilan. Les facteurs de risque sont des indices, pas des certitudes. En appliquant strictement la procédure de prise en charge des douleurs thoraciques (quelle que soit l'hygiène de vie apparente de la victime) nous garantissons à chaque patient la même chance de survie face à une pathologie qui sait se faire oublier.